La toux à l'exercice est très souvent le premier signe d'une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires profondes ou IAD, qui peut évoluer vers des problèmes plus sévères entrainant une baisse de performance et de l'intolérance à l'effort.

Toux en début d'exercice, écoulement nasal blanchâtre ou jaunâtre peuvent être les premiers signes d'IAD. Non traités, ces animaux développent souvent de l'intolérance à l'exercice.La toux peut apparaitre en début d'exercice ou lors des changements d'allures. Elle peut être associée ou non à du jetage nasal (soit muqueux, blanchâtre ou muco-purulent, jaunâtre). Dans de nombreux cas, elle est le premier signe d'une inflammation des voies respiratoires profondes (poumons) qui peut avoir des conséquences importantes sur le travail du cheval.

Synonymes: IAD (inflammatory airway disease), maladie inflammatoire des petites voies respiratoires. L'IAD est une cause très fréquente de maladie respiratoire chronique chez le cheval.

L'IAD touche les chevaux, poneys et ânes de tout âge. Il n'y a pas de race prédisposée (poneys et chevaux sont affectés de la même façon) et les hongres, juments et étalons sont atteints en proportions identiques.

L'IAD et le RAO font partie d'un complexe de maladies respiratoires chroniques regroupées sous le terme "asthme équin".

Prédisposition au RAO? Certains chevaux attients d'IAD vont développer du RAO alors que d'autres n'évolueront jamais vers de la détresse respiratoire au repos.


Signes cliniques


Les signes cliniques de l'IAD varient beaucoup d'un cheval à l'autre.

  • Toux en début ou pendant l'exercice mais parfois également au repos
  • Intolérance à l'effort, cheval fatigué au travail, qui manque d'entrain ou de volonté
  • Tachypnée: augmentation de la fréquence respiratoire à l'effort
  • Tachycardie: augmentation de la fréquence cardiaque pendant et après l'effort
  • Jetage nasal muqueux à muco-purulent
  • Bruits respiratoires à l'effort
  • Bruits respiratoires anormaux à l'auscultation: sifflements et crépitements pulmonaires
  • Hypoxémie: diminution de l'oxygénation du sang pendant l'effort
  • Récupération lente après l'effort
  • Inflammation des voies respiratoires supérieures: Pharyngite folliculaire; Collapse pharyngé; Sécrétions trachéales.

Étiologie


L'IAD est une maladie multifactorielle causée par une exposition aux particules organiques, poussières et moisissures retrouvées dans le foin et la paille. L'exposition au froid et à un environnement sec a également été associée à l'IAD. L'implication de particules infectieuses (bactéries et virus) n'est pas certaine.

L'environnement joue un rôle important dans la pathogénie de l'IAD.

 

Sous l'effet des différentes particules (endotoxines bactériennes, champignons [Aspergillus fumingatus, Faenia rectivirgula], β-D glucan, particules ultrafines, gaz iritants...), on assiste à un afflux de cellules inflammatoires (neutrophiles, mastocytes, éosinophiles...) dans les poumons.

L'inflammation pulmonaire a plusieurs conséquences sur la fonction pulmonaire de ces chevaux:

1) Hyperréactivité bronchique: toux et fermeture des bronches

2) Augmentation de la production de mucus et diminution de la clearance muco-ciliaire menant à la formation de bouchons de mucus.

3) Remodelage des voies respiratoires profondes tel que présent dans le RAO (hypertrophie des muscles lisses bronchiques, fibrose,...) n'est pas prouvé dans l'IAD.


Diagnostic


Le diagnostic consiste à mettre en évidence l'inflammation pulmonaire afin de la quantifier et de déterminer le type de cellules inflammatoires présentes dans le poumon. L'examen de choix est un lavage broncho-alvéolaire. Ce dernier se fait sous sédation légère lors de la bronchoscopie ou à l'aveugle à l'aide d'un cathéter spécial enfoncé jusque dans le poumon. Un liquide stérile est injecté via le cathéter ou à travers l'endoscope puis ré-aspiré et analysé au microscope.

L'endoscopie des voies respiratoires permet de mettre en évidence une inflammation des voies respiratoires supérieures, de quantifier les sécrétions dans la trachée, de visualiser la carina (première bifurcation des bronches), de déterminer le degré d'hyperémie des voies respiratoires profondes ainsi que de mettre en évidence des bronchospasmes lors d'épisodes de toux (dans les cas les plus sévères). Elle permet également de prélever les sécrétions dans la trachée si on a besoin de rechercher des bactéries impliquées dans le phénomène.

Si l'intolérance à l'effort est associée à du bruit à l'exercice, il est possible d'avoir recours à une endoscopie dynamique (pendant l'effort) pour voir ce qui se passe dans la gorge du cheval  pendant qu'il est monté.


Que faire? Quand s'inquiéter?


Un cheval qui tousse régulièrement devrait être vu par un vétérinaire et avoir un check up respiratoire complet. L'auscultation pulmonaire permet déjà dans certains cas de trouver des anomalies alors que le plus souvent, c'est l'endoscopie qui permet de confirmer les suspicions. Selon les cas, il est peut-être nécessaire de faire un test à l'effort. Le diagnostic final se fait par lavage broncho-alvéolaire qui va permettre de définir la population de cellules inflammatoires présentes et de quantifier le degré d'inflammation, pas toujours corrélé avec ce qui est vu à l'endoscopie. Un traitement peut alors être mis en place.

Le traitement vise à éviter les facteurs qui ont conduit le poumon à cet état d'inflammation. Il est également souvent nécessaire d’avoir recourt à un traitement médicamenteux à base de corticoïdes ou de stabilisateurs de membrane des mastocytes.